Le Grand prix du CQGL
juin 26, 2011
Chaque année, le Conseil québécois des gais et lesbiennes souhaite reconnaître, par l’attribution de ce prix, la contribution exceptionnelle d’individus de marque, à la promotion et à la défense des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles et transgenres, et ce sur la scène internationale.
Les lauréats du Grand prix du CQGL au cours des dernières années:
2011 – Edwin Cameron
Après des études universitaires où il se spécialise dans la défense des droits humains, il devient, en 1989, professeur de droit où il participera à l’élaboration de la Charte des droits pour les personnes atteintes du VIH-SIDA. Il est cofondateur du Consortium SIDA, en plus de fonder et diriger le Projet de loi SIDA.
Le Président Nelson Mandela le nomme juge à la Cour Suprême pour présider une commission sur le commerce illégal des armes. Juge permanent à la Cour Suprême puis juge à la Cour constitutionnelle avant d’être nommé à la Cour Suprême d’appel, il préside aussi le conseil de l’université de Witwatersrand. Le 31 décembre 2008, le président Kgalema Motlanthe nomme Edwin Cameron à la Cour constitutionnelle, puis le 30 juin 2009, il est nommé Honourary Master of the Bench à la Honourable Society of the Middle Temple.
De plus, il est impliqué à la Guild Cottage Children’s Home, à l’association des conseillers VIH-SIDA de Soweto (SOHACA) et au Community AIDS Response (CARE). Il a aussi écrit plusieurs livres dont Defiant Desire – Gay and Lesbian Lives in South Africa avec Mark Gevisser, et Honoré’s South African Law of Trusts. Plusieurs prix et distinctions jalonne la carrière de cet homme hors du commun, dont le Prix Nelson Mandela pour la santé et les droits humains (2000) et le Prix d’excellence de la Fondation SIDA – San Francisco (2003).
2010 - Viviane Namaste
Viviane Namaste est une chercheure et professeure à l’Université Concordia, également titulaire de la chaire de recherche sur le VIH/sida et la santé sexuelle à l’Institut Simone de Beauvoir et elle se démarque depuis une quinzaine d’années, tant sur la scène provinciale, nationale qu’internationale, pour ses nombreux travaux de recherche touchant des communautés et des personnes trop souvent négligées par la recherche en lien avec la prévention du VIH/sida, soit les personnes transsexuelles, transgenres et bisexuelles. Polyglotte, elle est également internationalement reconnue pour son activisme envers la défense des droits de santé des personnes trans.
Mme Namaste a été, en 2010, l’invitée spéciale de l’ONUSIDA lors de la 5e Conférence internationale francophone sur le VIH/Sida, à Casablanca, et a été conférencière invitée lors de l’initiative Franco-cubaine visant à organiser le premier Colloque international sur les transidentités, genre et culture, lequel a eu lieu à la Havane. Auteure de trois livres importants touchant la transsexualité, elle recevait, en 2001, l’Outstanding Book Award, du Gustavus Myers Center for the Study of Bigotry and Human Rights pour son livre intitulé Invisible Lives: The Erasure of Transsexual and Transgendered People, publié aux presses de l’Université de Chicago.
Femme de terrain, madame Namaste est également la fondatrice d’Action Santé Travestis et Transsexuel(le)s du Québec (ASTT(e)Q), un projet né dans les années 1990, dédié à la prévention et à la santé des personnes trans à Montréal et est au sein du projet Polyvalence, axé sur la recherche, la prévention et la santé sexuelle des personnes bisexuelles. Elle a également siégé au comité consultatif de la recherche Ouvrir notre avenir : une étude nationale sur les détenues, le VIH et l’hépatite C et au comité directeur du projet de prévention du VIH du Centre d’amitié autochtone de Montréal. Elle a été membre actif du groupe militant français ACT-UP Paris.
2009 – Svend Robinson
Américain d’origine, Svend Robinson est un avocat de formation, un homme politique et un militant homosexuel canadien renommé. À l’âge de 27 ans, il a été élu pour une première fois, et ce, pour sept élections successives (de 1979 à 2004), député néo-démocrate pour la circonscription fédérale de Burnaby en Colombie Britannique. Au cours de sa vie politique active, Svend Robinson est intervenu avec cœur dans des dossiers internationaux sur les droits humains. Il a siégé notamment au Comité canadien de commémoration du 50e anniversaire de l’ONU, en 1995, et était présent dans la délégation canadienne à plusieurs assemblées générales de cette organisation.
En 1988, Svend Robinson est devenu le premier député au Canada à sortir courageusement du placard et à afficher publiquement son homosexualité. Dès lors, il est devenu une figure emblématique dans les mouvements des droits LGBT et, à ce titre, a proposé de nombreux projets de loi et d’autres initiatives sur les droits LGBT, dont le premier projet de loi sur le mariage entre conjoints de même sexe, ainsi qu’un amendement à la loi sur les crimes haineux pour y inclure ceux qui sont basés sur l’orientation sexuelle. Ce projet sur les crimes haineux a été adopté par le Parlement et est en vigueur.
Ayant cessé ses activités politiques, on le trouve maintenant sur plusieurs tribunes nationales ou internationales. Il travaille à Genève à la coordination des relations parlementaires pour le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Tout récemment, il occupait la coprésidence de la Conférence sur les droits LGBT des Outgames 2009 qui avaient lieu au Danemark.
2008 -L’Honorable Louise Arbour
Haut commissaire aux droits de l’homme à l’Organisation des Nations Unies (ONU), de 2004 à 2008, Louise Arbour a démontré, tout au long de sa carrière un engagement à défendre et à promouvoir les droits humains, en particulier ceux des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, transsexuelles et transgenres d’ici et d’ailleurs.
Montréalaise et avocate de formation, elle a suivi un parcours enviable et inspirant dans le monde « masculin » de la justice. Professeure de droit de 1974 à 1987, elle devient doyenne adjointe à l’École de droit de l’Université York, à Toronto. Juge à la Cour suprême de l’Ontario (1987) puis à la Cour d’appel (1990), elle devint procureure en chef au Tribunal pénal international de La Haye en 1996. Ce Tribunal a été mis sur pied par l’Organisation des Nations Unies pour juger les crimes commis au Rwanda et en ex-Yougoslavie. En 1999, elle devient juge à la Cour suprême du Canada. En 2004, elle quitte la Cour suprême pour devenir Haut Commissaire aux droits de l’homme au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). En 2006, Elle est l’invitée d’honneur à la 1 ère Conférence internationale des droits humains LGBT où elle fait un vibrant plaidoyer en faveur du respect des droits humains des personnes LGBT qui mènera à l’adoption de la Déclaration de Montréal sur les droits humains LGBT.
Le parcours exceptionnel de cette femme de coeur, de principe et de tempérament témoigne d’une vie dédiée à servir la justice au profit des collectivités et de chaque être humain. Impossible est un mot qui n’existe pas pour Madame Arbour quand il est question de dignité humaine quitte à déranger l’ordre établi. Son passage au Tribunal pénal international de La Haye confirme bien ce fait.



















